Littérature numérique; quand la création s’efface du web


Il y a de cela une éternité en termes numériques, avril 2019 pour être plus précis, Itératures a publié à propos d’un projet conjoint du Google Creative Lab d’Australie, alors animé par Tea Uglow et de la maison britannique d’édition Visual Editions. Le projet; intitulé Edition At Play offrait différents modèles de livres interactifs, qui pour invoquer les expériences d’interactive storytelling des années 90, n’en avaient pas moins le mérite de proposer des œuvres complètes pouvant être utilisées, et expérimentées, gratuitement.

Ces créations uniques sont maintenant disparues, avec le site de Visual Editions et sur le Google Creative Lab il n’en existe plus qu’un petit rappel. Outre la perte de créations fascinantes, ce qui m’interpelle c’est la très grande vulnérabilité de la littérature numérique, trop facile à effacer. Non seulement faire disparaître les œuvres est aisé, l’acception de cette disparition a été ancrée par les corporations comme quelque chose d’inéluctable, léger dommage collatéral au progrès technologique. La littérature n’est pas seule en cause, c’est le cas de l’ensemble des contenus web, notamment les contenus journalistiques. La manière dont les corporations gèrent le web nous prive de culture et de mémoire collectives.

Source de l’image : wikimedia commons / représentation de l’Alzheimer/ Auteur :
Nithinan Tatah, TH / Licence : Creative Commons Attribution 4.0 International

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